Ligne2vie

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 16 janvier 2010

girautIllusion





Sandro Del Prete

Je n'arrive pas à déchiffrer la signature afin de créditer ce dessin à l'auteur. Si quelqu'un connait, qu'il n'hésite pas à en faire part ici.

Edit du 17 janvier. Rajout du site en référence.

vendredi 15 janvier 2010

girautL'homme gris



"Les juges et les magistrats, il faut les massacrer". Il le beugle, il le braille, cet échalas vêtu de la grisaille fripée d'une misère qui se couche tout habillée d'avoir si froid la nuit. Il est gris de la tête aux pieds, la soixantaine alerte, tenant par le bouchon une bouteille d'eau en plastique presque vide, malmenée par des chocs violents. Il monte d'un pas décidé dans une voiture dont tout le monde sort. Il va me falloir le surveiller. Apparemment, il en veut à la Justice. Il peut être un sacré gredin comme il peut être un homme ruiné par la malchance, qui sait?

Au fur et à mesure de la course, n'ayant aucun écho, je ne pense plus au monsieur tout gris. Je ne l'oublie pas, cependant, car il me fait penser à cette nouvelle de Maupassant, commencée dans le bus le matin même et non terminée arrivée à destination. Le vagabond, c'est son titre. Un jeune homme vigoureux et qualifié dans son métier prend la route pour trouver du travail, chassé de chez lui par le chômage. Il arrive à subsister en faisant de petits travaux puis un jour plus rien. Mais lisez la nouvelle que j'ai mise en lien.

L'homme tout gris est descendu à Galliéni, un peu moins agité mais tenant toujours sa bouteille par le bouchon et l'agitant au gré de ses vociférations sans toutefois faire le vide autour de lui.

Il était vêtu de beige, ce beige tout gris de la misère... A vue de nez, il n'avait pas plus de quarante ans, tout compte fait. Je serais incapable de me rappeler son visage.

dimanche 10 janvier 2010

girautOmbre chinoise





C'était le 17 décembre, le premier jour d'une fin d'année avec de la vraie neige dedans. Je revenais de la maison mère où avait eu lieu une délégation en manifestation de notre désaccord de la révocation de notre collègue Thierry. Thierry qui était soupçonné d'avoir actionné un rupteur lors des grèves de 2007, était passé au tribunal, avait pris un mois de prison avec sursis et dont la révocation fut signée par un cadre de la direction générale, lui-même condamné en justice à 6 mois de prison avec sursis mais que c'est pas pareil parce que lui est à la Direction Générale et gnagnagna.

Bref, attendant le métro, je prenais des photos d'en face, me contentant d'appuyer sur le déclencheur. Celle-ci n'est pas la meilleure, la mieux cadrée mais elle a ma préférence. Le profil fier et un tantinet impudent, ce jeune homme me rachète cette mauvaise journée d'un cadre qui m'a plus fait penser à une bête traquée sans talent du terrain, plus à l'aise de révoquer un agent dans le confort d'un bureau directorial que d'affronter ses agents dans une salle de réunion.

jeudi 7 janvier 2010

girautService rendu



Parmi les services rendus, il existe une catégorie de service appelé "service rendu à la gare". Ce type de service a toujours existé. Le conducteur effectue une tâche qui n'est pas prévue à son service ou en dehors de la réglementation gérant l'utilisation du personnel. Par exemple, il ira chercher un train en réserve sur sa dispo ou il partira en ligne une voire deux minutes avant sa prise de service. Ce sont deux exemples parmi une multitude. Les services rendus à la gare étaient rendus sous forme de temps par un maîtrise qui créditait le compte du conducteur, ou bien par le chef des manoeuvres par un garage, ou encore par le chef de départ qui compensait un horaire. Là, pareil, ce sont trois exemples parmi quelques uns, les exemples dans ce cas étant déjà plus réduits.

Les services rendus à la gare sont un moyen comme un autre d'assouplir une réglementation rigide, de créer un environnement social plus agréable et de faire en sorte que tout fonctionne sans anicroche.

Au fil du temps, les services rendus à la gare par les conducteurs ont été de moins en moins rendus. Il est devenu de moins en moins fréquent d'en obtenir une contrepartie ne serait-ce que par un geste au forfait. Par contre, toujours au fil du temps, ces services rendus à la gare sont devenus, eux, plus fréquents. Rester après son service pour assurer une surveillance réciproque qui n'est pas prévue à son service; effectuer une manoeuvre à deux afin que le train tourné au trottoir revienne plus vite à quai de départ sur sa prise; faire partir un train en avance à prise sans le préciser ni demander au conducteur s'il est d'accord... Reste la bonne ambiance mais d'un seul côté, le conducteur acceptant par gentillesse tout ce qu'on lui demande. Evidemment, au nom de la bonne ambiance, le conducteur qui refuse ou renâcle devient un empêcheur de tourner rond et sa supposée mauvaise humeur pourra, éventuellement, lui valoir quelques représailles imaginaires le jour où il aura besoin d'un service que de toute façon on ne pourra pas lui rendre.

Quant aux conducteurs de bonne volonté, rien ne leur sera rendu puisqu'ils sont de bonne volonté et qu'un geste doit rester gratuit, ce qui arrange bien la gare.

samedi 2 janvier 2010

girautOù s'en vont les enfants



En ces temps de frimas, de neige et de givre où le temps ralenti est bercé par les jours trop courts et les nuits trop longues, voici une petite vidéo fort bien faite et tout à fait appropriée pour sa mélancolie.